PROGRAMME VIDÉO & JOURNEE DE RENCONTRES

PROGRAMME VIDÉO & JOURNEE DE RENCONTRES

PROGRAMME VIDÉO

Les territoires du corps


Grand Palais, Espace Vidéo 1, Allée centrale - Projections en continu pendant la durée de la foire.

Une observation attentive de la création artistique contemporaine sur le continent africain révèle l’importance de la production d’œuvres vidéo, d’images animées et d’expérimentations filmiques ; un essor très certainement lié aux nouvelles technologies facilement accessibles et maîtrisées par les plus jeunes générations. Par ce programme, nous avons souhaité accorder une attention particulière à ces productions en choisissant de tisser notre fil rouge autour du corps, fréquemment investi par ces artistes.

C’est à travers le corps que transitent toutes les expériences, que convergent et se confrontent des dynamiques mémorielles diverses. C’est à travers lui que se mesurent le rapport au monde et l’espace d’autonomie d'artistes confrontés à des limitations sociales, politiques et culturelles dans le contexte de sociétés complexes, où la question des libertés individuelles, celles du genre, de la sexualité, de la laïcité, font partie des revendications. Enfin, c’est aussi ce corps qui les définit dans l’exil et leur permet de se réinventer.

En s’emparant du corps comme sujet, objet ou support de leurs créations, les artistes visent ces questionnements et procèdent à une archéologie du temps présent, qu’elle se situe aux confins de la mémoire autobiographique ou dans l’exploration de problématiques politiques et sociales. De chaque point de vue émergent des fragments d’une réalité contemporaine du continent africain et du monde que nous découvrons dans un rapport intime avec ces œuvres vidéos, au fil de ces voix talentueuses et de gestes artistiques étonnants, poétiques, parfois provoquants dont la force bouleverse nos certitudes et enchante nos imaginaires.
Marie-Ann Yemsi, Commissaire invitée

VIDEOS PRESENTÉES

Julien Creuzet
Head to Head, Hidden Head, Light, 2017, vidéo, 10’ 10 ‘’ , courtesy de l'artiste
Né en 1986 au Blanc Mesnil, France. Vit et travaille à Montreuil, France.
Comme souvent dans le travail de Julien Creuzet le corps est le sujet et le support d’une réflexion nourrie par la pensée d’édouard Glissant et la mémoire de ses origines caribéennes. Dans cette œuvre vidéo récente, Julien questionne les défaillances de la transmission mémorielle en constatant que la jeune génération est ouverte à toutes les musiques contemporaines mais est ignorante de la riche histoire des musiques rituelles et des danses traditionnelles africaines. Il nous invite à une transe poétique, où les corps ondulent entre les faisceaux de lumières et les images ethnographiques, comme dans une quête initiatique, identitaire.

Saïdou Dicko
Gariibu, 2008, vidéo, 3’’ courtesy de l'artiste et de la Galerie Cécile Fakhoury, Abidjan
Né en 1979 à Déou, Burkina Faso. Vit et travaille à Paris Avec sa caméra, Saïdou Dicko suit les ombres de jeunes mendiants, dont il dévoile les jeux, les rires, mais aussi la dure réalité des conditions de vie.

Binelde Hyrcan
Cambeck, 2013, 2’ 42’’, courtesy de l'artiste et de KADIST Collection
Né en 1983 à Luanda en Angola. Vit et travaille entre Nice et Paris. Dans ce film présenté en 2015 dans le Pavillon angolais de la 56e Biennale d’art contemporain de Venise, Binelde Hyrcan met en scène quatre garçons. Cette brève fiction lui permet d’évoquer l’actualité de la situation angolaise, les enfants ont le regard rivé vers l’Amérique, le hasard a fait que l’Amérique se trouve juste devant l'ïle du Cabo, dans la baie de Luanda.

Katia Kameli
Untitled, 2011, vidéo HD, 2’ 30’’, courtesy de l'artiste et de l'Agence à Paris
Née en 1973 à Clermont-Ferrand. Vit et travaille à Paris. La vidéo Untitled filmée à Alger, lors du Printemps Arabe, fait allusion à la situation des femmes dans le monde arabe et interroge l’idée de révolution. Ici il s'agit d’une révolution silencieuse, où les bannières muettes n'affichent aucun slogan.

Jackie Karuti
There Are Worlds Out There They Never Told You About, 2016, film d’animation, 1’ 05’’, courtesy de l'artiste et de Circle Art Gallery, Nairobi
Née en 1987 à Nairobi, Kenya, où elle vit et travaille. Dans ce bref et poétique film d’animation, Jackie Karuti nous invite à un voyage vers d’autres mondes dans l’espace et dans l’océan en écho au mythe de l’existence d’une civilisation sous-marine peuplée par les esclaves jetés par dessus bord durant les traversées entre l’Afrique et les Amériques.

I Can’t Wait To See You – Johannesburg, vidéo, 2014, 2’ 47’’, courtesy de l'artiste et de Circle Art Gallery, Nairobi A travers cette série de performances vidéo réalisées dans des villes différentes, Jackie Karuti pose la question de l’espace individuel d’autonomie dans des contextes urbains aux structures sociales rigides et contraignantes, encore fortement marquées par le poids des traditions. Le casque, dispositif de protection, symbolise également le silence et l’isolement.

Lebohang Kganye
Ke Sale Teng, 2017, film d'animation, 3’22’’, courtesy de l' artiste et de AFRONOVA GALLERY, Johannesburg Née en 1990 à Katlehong, Afrique du Sud. Vit et travaille à Johannesburg, Afrique du Sud.
Lebohang Kganye puise dans les archives familiales pour créer des narrations dans lesquelles passé et présent, réalité et fiction s’entrecroisent. Elle retisse ainsi les fils d’histoires personnelles et de mémoires collectives complexes et tente de déconsruire certaines visions stéréotypées et exotiques sur l’Afrique.

Wanja Kimani
Utopia, 2012, video, 3 min 50 sec, courtesy de l'artiste Née en 1986 à Nairobi, Kenya. Vit et travaille à Addis Abeba, Ethiopie. Wanja Kimani développe dans son travail et restitue dans cette vidéo ironique, une réflexion sur la migration, son fantasme comme ses réalités. La vidéo Utopia dans laquelle elle se met en scéne est un simulacre d’entretien entre un agent du gouvernement d’Utopia (un Etat fictif) et une future citoyenne…

Ato Malinda
"the moment that you act as a performer, you act also as the audience of the person in front of you" (2016), vidéo, 6’46”, courtesy de l'artiste et de Circle Art Gallery, Nairobi. Née en 1981 à Nairobi, Kenya. Vit et travaille à Rotterdam, Pays-Bas.
Dans cette œuvre dont le titre est tiré d’un essai de Yota Ioannidou, Ato Malinda filme des étudiants à qui elle demande de mimer des actions de la vie quotidienne. L’artiste met ainsi subtilement en relief ce qui est à l’œuvre dans le« jeu » de la relation sociale dont chaque acte pourrait s’apparenter à une performance.

Mohau Modisakeng
To Move Mountains, 2016, vidéo HD, 10’ 02’ , courtesy de l'artiste et de WHATIFTHEWORLD Gallery, Le Cap / Johannesburg
Né en 1986 à Soweto, Afrique du Sud. Vit et travaille entre Johannesburg et Le Cap, Afrique du Sud En utilisant son propre corps dans ses œuvres d’une grande puissance visuelle, Mohau Modisakeng puise dans sa mémoire personnelle pour sonder les effets de la violence physique et symbolique sur le corps noir et l’impact de l’histoire sur l’insconscient collectif, dans le contexte postcolonial et post-apartheid de l’Afrique du Sud.

Rina Ralay Ranaivo
Vidéo: MD370, 2015, vidéo, 5’11’’, courtesy de l'artiste Né en 1984 à Madagascar où il vit et travaille. Rina Ralay Ranaivo entremêle des images d’archives et des images contemporaines de sa ville natale : Antananarive (Madagascar). A travers ce film muet, rythmé par une série de mouvements corporels et naturels tels que la course des nuages, le souffle du vent, l’artiste propage les incertitudes et les espoirs d’une jeunesse responsable d’une reconstruction individuelle et collective.

Moussa Sarr
J’accuse, 2011, vidéo, 1’, courtesy de l'artiste et de Galerie Isabelle Gounod Né en 1984 en Corse. Vit et travaille à Paris. Moussa Sarr revendique ses multi-appartenances (corse, française, sénégalaise) et se met en scène dans des vidéos caustiques pour aborder par la dérision de l’humour des questionnements sensibles sur les stéréotypes, les préjugés raciaux, sociaux et sexuels. Les rapports de force entre les individus et celle de l’éternel combat du petit contre le grand font partie des sujets de prédilection de cet artiste vidéo-performeur.

Avec le soutien de :

JOURNÉE DE RENCONTRES

Habiter la frontière

Le 31 mars 2017 de 10h à 18h30
La Colonie, 128 rue La Fayette 75010 Paris
Entrée libre et gratuite. Une traduction simultanée français - anglais / anglais - français sera disponible

Conçue par Marie-Ann Yemsi, dans le cadre de l'Afrique à l'honneur, cette journée hors-les-murs ouverte à tous et intitulée « Habiter la frontière » favorise les rencontres et les échanges avec des acteurs et des producteurs culturels engagés dans la promotion des artistes contemporains du continent africain et des diasporas. Articulée autour de 4 table-rondes, elle rassemble des artistes, commissaires d’exposition, représentants d’institutions, collectionneurs, penseurs qui œuvrent sous diverses formes à réfléchir, construire et développer d’autres regards et de nouvelles perspectives sur la création artistique de ce continent. Organisée par Art Paris Art Fair avec le soutien de L’Institut Français, la journée des Rencontres est accueillie par La Colonie, un espace de pensée libre et indépendant fondé par l’artiste Kader Attia.

PROGRAMME

10h00 - 11h30: L'art contemporain Africain, pour quoi faire ?
La visibilité et la reconnaissance des artistes contemporains africains et des diasporas sont en progression. A la fois témoins et acteurs de ce changement, les artistes souhaitent que cette appartenance au continent africain, souvent complexe, ne soit pas réduite à une identité «originelle» simpliste et instrumentalisée. Quelle place pour eux dans le monde de l’art aujourd’hui et demain ?
Modérateur : Simon Njami, philosophe, écrivain, commissaire d'expositions
Intervenants:
Joël Andrianomearisoa,artiste plasticien
Emo de Medeiros, artiste plasticien
Katia Kameli, artiste plasticienne
Myriam Mihindou, artiste plasticienne
Emeka Okereke, artiste plasticien, écrivain, fondateur et directeur artistique de Invisible Borders - The trans-African Project

11h45 – 13h15: Collectionner les artistes contemporains du continent Africain est-il un sport de combat ?
L’intérêt des collectionneurs et des institutions pour les créateurs issus du continent africain est croissant mais pose également de nombreuses questions, ici et sur le continent africain: de quoi témoigne cet engouement récent ? Quels sont les principaux obstacles au développement de leur présence dans les collections des institutions occidentales ? Comment rendre visible les artistes contemporains sur le continent en l’absence de musées d’art moderne et/ou contemporain dans nombre de pays d’Afrique? Etc.
Ce débat offre des éclairages et les points de vue de collectionneurs et d’institutions engagés.
Modérateur : Nicolas Michel, Journaliste Culture Jeune Afrique et romancier
Intervenants:
Marie-Cécile Zinsou, Directrice générale de la Fondation Zinsou à Cotounou et du musée d'art africain contemporain à Ouidah, Bénin ,
Mercedes Villardell, Collectionneuse et fondatrice du African Acquisitions Committee (AAC) pour la Tate
Alicia Knock, Conservatrice, Centre Pompidou, Paris
Christine Barthe, Responsable de l'Unité Patrimoniale des collections - Photographies, musée du Quai Branly - Jacques Chirac

15h-16h30: L'expérience du "commun": utopie ou avenir de la production culturelle ?
Des initiatives curatoriales et critiques menées en Afrique et dans la diaspora mais également en Europe accordent une place essentielle aux processus collaboratifs et aux partages des savoirs, affirmant la mobilité des individus, des identités et des cultures. Témoignages et échanges croisés entre des producteurs culturels qui réfléchissent et mettent en pratique d’autres formes d’échanges et de partages des savoirs et contribuent par leurs actions à l’émergence de talents (artistes, curators) et à une production critique renouvelée sur l‘art contemporain africain et diasporique.
Modérateurs: Kantuta Quiròs et Aliocha Imhoff, théoriciens de l'art et commissaires d'exposition, fondateur de la plateforme curatoriale Le peuple qui manque , qui oeuvre à l'intersection entre art et recherche.
Intervenants:
Eva Barois De Caevel, Commissaire d'exposition indépendante et commissaire à RAW MATERIAL COMPANY, Dakar.
Pascale Obolo, Artiste vidéaste, réalisatrice et productrice de films, fondatrice de AFRIKAADA et de l'African Art Book Fair
Sophie Potelon, Chargée de production et de médiation, Fondation Kadist Paris.
Toma Muteba Luntumbue, Directeur artistique et Commissaire de la 5ème Biennale de Lubumbashi en octobre 2017

16h45 - 18h15: Habiter la frontière: quelles perspectives géo-esthétiques ?
Comment œuvrer à un décentrement de la pensée et de l’imaginaire pour habiter autrement les frontières ?
Pour Edouard Glissant, l’un des rôles de l’écriture est de faire en sorte que les lieux d’une pensée du monde se rencontrent. Les auteurs, penseurs et acteurs culturels invités explorent des territoires esthétiques et éthiques cruciaux et se trouvent en cela au cœur de débats actuels touchant à la signification de l’art et de la culture et leur potentialité en termes de changement des imaginaires et des savoirs. Où en sommes-nous ? Quels sont les urgences et les défis pour demain ?
Modérateur : Dominique Malaquais, Historienne d'art et politologue, Chercheuse à l’Institut des Mondes Africains (IMAF/ CNRS)
Intervenants:
Nadia Yala Kisukidi, Philosophe, Maîtresse de conférence et Directrice de programme au Collège International de philosophie
Jean-Pierre Bekolo, Cinéaste, auteur réalisateur et producteur de films
Souleymane Diamanka, parolier, poète
Emeka Okereke, Artiste plasticien, écrivain, fondateur et directeur artistique de Invisible Borders - The trans-African Project

Avec le soutien de :